CAMP ERE DE L'ESTUAIRE Port-au-Saumon

Oasis nature Charlevoix, Québec

Écologie à Port-au-Saumon

Un carouge à épaulettes dévore les libellules


Outre le fait que les nouveaux propriétaires, ont donné une nouvelle impulsion et une nouvelle orientation au camp, il y eut toutes les péripéties entourant la présence au camp de trois carouges à épaulettes juvéniles que Luc Poirier a amenés de Hull dans l'Outaouais. Ce fut un voyage en automobile mémorable ponctué de nombreux arrêts pour nourrir les ''carougeots''.

Ces oisillons, habitués à la présence humaine, la recherchant même, devinrent les ''chous chous'' d'un peu tout le monde. Tous un chacun eurent à un moment donné ou un autre l'occasion de nourrir ces pensionnaires inusités. Ces ''stagiaires'' ailés du camp avaient d'ailleurs leur place assignée à côté de la cuisine pour la bouffe. Leurs appels à la tablée étaient à vrai dire presque continus, car les oiseaux sont voraces et ils doivent manger souvent pour ''brûler'' l'énergie qu'exige leur principale activité, le vol.

Comme on sait, deux des trois carouges disparurent de la circulation, un seul survivant jusqu'à la fin du troisième stage au début d'août.

Ce que je retiens surtout, c'est l'empressement avec lequel le carouge dévorait avec avidité toute libellule qu'on lui présentait. Luc partait à la chasse aux libellules pour l'oiseau et rapportait les provendes pour apaiser la faim apparemment ''sans fin'' du carougeot''. L'oiseau dévorait des demoiselles, Lestes disjunctus, Enallagma boreale et hageni, Nehalennia irene et Ischnura verticalis. Il raffolait également des Libellula quadrimaculata et julia et aussi ne montrait aucune hésitation à maîtriser puis dévorer les Aeshna canadensis, eremita, interrupta et umbrosa. Plusieurs de ces libellules (anisoptères) volaient au-dessus du terrain du camp.

Ces activités nous permettent de deviner que les libellules font certainement parti du régime alimentaire des carouges au bord de nos étendues d'eau, marais, marécages, étangs, lacs et autres milieux aquatiques. C'est la leçon de choses à retenir de toute cette aventure des carouges devenus des membres à part entière du camp au cours de l'année 2002. Merci à Luc de son initiative et surtout de son intérêt pour les oiseaux et la photographie.